Devenir développeur web: en freelance ou salarié ?

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Comment faire pour devenir développeur web freelance ? A quoi ressemble le quotidien d’un développeur web freelance ?

Lorsqu’on me pose la question de ce que je fais dans la vie, et que j’explique être développeur web, une des remarques que j’entends souvent est le fait que dans ce domaine, il est facile de travailler à son compte. Le fait d’être freelance, de ne pas avoir de patron, de pouvoir organiser son emploi du temps soi-même, fait énormément rêver. Plus particulièrement les gens de ma génération d’ailleurs, et ceux qui sont arrivés après (en gros, tous ceux qui ont actuellement moins de 35 ans). Accordant une valeur très importante à la liberté, et ayant été biberonné aux “belles histoires” des jeunes entrepreneurs partis de rien et ayant rencontré le succès en montant leur propre start-up, le fait de s’émanciper de la position de salarié en inspire beaucoup. Il y a t il de bonnes raisons d’autant fantasmer sur ce sujet ?

Être développeur freelance, à quoi ça ressemble concrètement ? Il faut tout d’abord commencer par distinguer deux profils différents de développeurs freelance.

 

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Devenir développeur web freelance “assimilé salarié” 

C’est moi qui me permet de lui attribuer ce surnom. Il s’agit d’un développeur web qui travaille à temps plein pour une seule et unique entreprise. En pratique, c’est comme si il était salarié de cette boite. La différence est avant tout juridico-contractuelle. Sur ce plan, il n’est, en effet, pas un salarié, mais un prestataire externe qui signe un contrat de prestation pour une durée déterminée (de quelques mois, à un an, en général). Durant toute cette période, il va travailler pour la société en question, de la même manière que le ferait un salarié. Cependant, étant lié par un simple contrat de prestation, l’employeur peut rompre ce contrat de façon assez simple à tout moment (pareil du côté du prestataire).

Pour ce qui est de la rémunération, le prestataire touche généralement des revenus qui sont supérieurs à celui d’un salarié sur un poste équivalent. Cela est dû au fait que, étant prestataire, il fixe un TJM (tarif journalier moyen) qu’il facture pour chaque journée de travail. Donc, en terme de somme brut versée à la fin du mois, on se trouve généralement sur des montants assez élevés. Cependant, il va falloir ensuite déduire les impôts (variables en fonction du statut du freelance) et prendre par ailleurs en compte le fait qu’un freelance dispose, initialement, et sans initiative en ce sens de sa part, d’un niveau de protection sociale et de cotisation pour la retraite qui n’est pas comparable à celui d’un salarié (le salarié touche des revenus moins impressionnants, mais bénéficie d’office d’avantages conséquents à ce niveau).

Une fois que le freelance a terminé son contrat avec l’entreprise à laquelle il est lié, soit ils se mettent d’accord pour continuer à travailler ensemble en renouvelant ce contrat, soit la relation se termine, et celui-ci va devoir aller trouver un nouveau contrat avec une autre boite. En réalité, le choix n’est pas si binaire que ça, car en fonction de la situation du freelance, de son TJM, de son statut juridique, et de ses ambitions personnelles, il peut aussi prendre la décision de s’accorder des périodes pendant lesquelles il ne travaille pas, si les revenus qu’il a pu encaisser précédemment sont suffisants pour lui permettre de ne pas avoir à faire absolument entre des sous durant les mois qui suivent. Cependant, il faut avoir en tête que pour la majorité des profils, le fait de trouver un contrat demande de s’y prendre un minimum en amont. Trouver un contrat qui vous correspond, passer les différents entretiens et être validé, sont des étapes qui demandent du temps, et pas mal d’énergie.

 

Devenir développeur web freelance « indépendant »

Ce que j’appelle développeur web freelance « indépendant » désigne celui qui exerce une activité de développeur “à son compte” telle qu’on peut l’imaginer originellement. Il propose ses services à différents clients qui font appel à lui pour un besoin précis (via des plateformes tels que Malt ou Codeur, entre autres).

Le client lui décrit son besoin (idéalement via un cahier des charges), il estime le temps de travail nécessaire, rédige un devis, l’envoi au potentiel client qui va ensuite répondre favorablement ou non. Si le client accepte, le freelance effectue la mission en question et touchera la somme stipulée sur le devis, quel que soit le temps qu’il passe en réalité sur le projet (si il a estimé que cela allait lui prendre 4 jours et qu’il en passe en fait 8, c’est son problème). On dit qu’il travaille “au forfait”, tandis que le profil de freelance présenté au-dessus travaille “en régie” (il est payé à la journée dans tous les cas). Ce second mode de paiement est clairement plus avantageux pour le prestataire car il le couvre contre d’éventuels imprévus ou une simple erreur d’estimation du temps de travail (erreur très fréquente, même pour des profils expérimentés, tant le travail de développeur web implique une part d’aléatoire et d’imprévus élevés).

Ce développeur freelance ne jure donc pas fidélité à une seule et unique entreprise, qui va lui demander des comptes, programmer de nombreux points/réunions, “surveiller” ses horaires de travail, comme elle le ferait pour un salarié. Il se constitue progressivement une clientèle, peut jongler entre différents projets, peut diversifier son activité (en effectuant de la prestation de développement web pour un client, de la formation pour un autre, et en prenant du temps pour créer du contenu de formation vidéo qu’il va tenter de vendre pour obtenir du revenu passif, par exemple), bref, avoir une activité de freelance digne de ce nom.

Une plus grande liberté donc, une plus grande flexibilité dans le travail…mais de nombreuses difficultés à ne pas négliger non plus. Tout d’abord, on a évoqué la question de l’estimation de prix via un devis. Il est fréquent de voir des développeurs freelance ne pas rentrer dans leurs frais à cause d’une sous-estimation du prix annoncé dans le devis. Avec le devis, c’est vous qui assumez la part de risque. Par ailleurs, bien que le développement web soit un marché favorisé, se constituer une clientèle (de qualité), comme dans tous les milieux, demande du temps et de la patience. Je précise bien de qualité, car c’est un point clé qui permet à un freelance d’avoir une activité réellement rentable et intéressante. Trouver des gens qui sont prêts à payer pour une prestation de développement web n’est pas très compliqué. Trouver quelqu’un prêt à payer le juste prix, et qui sache exprimer son besoin de façon claire et précise pour éviter tout malentendu ou perte de temps, est une autre histoire. Il faut ajouter à cela le temps et l’énergie que vous devrez accorder à la gestion de votre comptabilité (minime dans le cas où vous êtes en autoentrepreneur) et de vos déclarations administratives.

 

Le salarié

Le salarié a un patron. Il doit lui obéir. Le salarié ne peut (en principe) pas commencer et finir sa journée à l’heure qu’il veut. Il ne peut pas se dire “aujourd’hui, je ne travaille pas”. Il ne développe pas un bizness en son nom. Il est un maillon dans un système qui le dépasse. Mais le salarié à l’esprit tranquille une fois sa journée terminée. Le salarié se repose vraiment le week-end. Le salarié ne gère pas de façon directe les problèmes liés à la clientèle. Le salarié sait combien d’argent il va gagner le mois prochain. Il cotise. Il est protégé par la législation française. Il ne peut pas se retrouver sans emploi sans motif valable du jour au lendemain. Le salaire inscrit sur son contrat de travail ne dépend pas du chiffre d’affaires effectué par la société lors d’un mois donné. Le patron peut avoir fait des erreurs qui lui auront couté durant ce mois, le salarié, lui, touchera toujours le même salaire. Le salarié a le droit à l’erreur. S’il met plus de temps que ce qu’il avait prévu pour réaliser un projet, l’employeur ne va pas lui retirer des sous de son salaire.

 

Cet article n’est pas une apologie du salariat. C’est à chacun de définir ce qui semble mieux lui correspondre. J’ai personnellement eu des expériences variées dans le domaine du développement web, et je ne pense pas qu’il y ait de statut qui soit meilleur qu’un autre dans l’absolu. Il y a des avantages et des inconvénients dans les deux cas, le tout est d’être conscient de ce qui vous correspond le mieux, et de ne pas avoir une approche fantasmée de ce sujet. Le jour ou vous prenez la décision de devenir développeur web freelance, il est préférable que ce soit une décision qui corresponde à votre profil et à une aspiration authentique.

N.B: Pour en savoir plus sur la vie de développeur freelance, consultez notre entretien avec Julien, intégrateur web freelance depuis plusieurs années.

 

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