Être développeur freelance en 2024 – Le témoignage de Pierre

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Lesdevjuniors - Pierre

 

Pour ce dernier article de l’année 2023 nous avons décidé de nous pencher, une fois de plus, sur le sujet de la vie de développeur en freelance. Être développeur freelance en 2024, cela semble représenter l’objectif ultime pour de nombreuses personnes, notamment chez les nouvelles générations. Nous nous sommes entretenus avec Pierre, 39 ans, résidant à Montpellier et en freelance depuis quelques années. Il a accepté de répondre à plusieurs de nos questions et de nous en dire plus sur sa vie de freelance.

 

Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours dans le milieu du web (études, introduction sur le marché du travail…) ?

A la base, je viens d’un autre milieu. J’étais ingénieur dans les énergies renouvelables. A ce moment-là, je faisais du Excel poussé, je commençais à me familiariser avec la pratique de la programmation, mais c’était juste une pratique occasionnelle. Puis, avec le temps, j’ai commencé à être de plus en plus confronté à ce sujet. Et je me rendais compte que ça me plaisait vraiment, à tel point que j’ai décidé d’en faire mon métier. J’ai suivi beaucoup de tutos en développement web sur OpenClassRoom, et une fois que j’avais fait le tour des tutos qui m’intéressaient, j’ai décidé de faire un parcours diplômant chez eux. A ce moment-là on est en 2019. Vu que j’avais déjà suivi beaucoup de tutos, et pas mal pratiqué, j’ai mis 3-4 mois pour finir leur programme, qui est à l’origine prévu pour une durée de 6 mois. J’ai ensuite dû trouver un stage pour finir la formation. A ce moment-là, je ne vivais pas en France, mais à Shanghai. J’étais membre d’un groupe While42, et dans le groupe il y avait quelqu’un qui avait une entreprise et cherchait un stagiaire en développement web. Ça s’est donc fait facilement. Le stage s’est bien passé, et m’a permis de me rendre compte qu’en réalité, je ne connaissais rien au métier. Les bons réflexes, l’environnement de travail, la logique qu’un développeur professionnel doit avoir…tout cela s’apprend dans le milieu professionnel. J’ai pu approfondir ça par la suite car ils m’ont proposé de continuer avec eux en tant que salarié. On a travaillé ensemble pendant plus d’un an, puis je me suis rendu compte que je ne supportais plus la situation de salarié. J’avais déjà eu des expériences en tant que salarié, dans mon ancien métier, et au final cette nouvelle expérience en tant que salarié développeur web a confirmé le fait que j’avais du mal à accepter ce que ce statut impliquait, en termes de rapport de hiérarchie et de situation de “dominant / dominé” qui en résulte. Le terme est peut-être un peu fort, mais c’est comme ça que je le ressens. J’ai donc proposé à mon employeur de me mettre en indépendant, et de continuer à travailler pour eux en tant que prestataire. Il a accepté, et on a commencé à collaborer sous cette forme, mais peu de temps après il y a eu un gros confinement lié au Covid, en Chine, et à la sortie du confinement j’ai décidé de revenir en France. Ça a donc mis fin à notre collaboration.

J’allais justement te demander ce qui t’avait donné envie de te lancer en tant que freelance…tu y as répondu. Du coup, tu as continué en tant que freelance a ton retour en France ?

Déjà, je précise que j’ai continué mon activité de freelance, mais je me considère comme un “faux” freelance. Généralement, lorsqu’on parle de freelance, on imagine une activité dans laquelle on démarche, on essaye de se faire un porte-feuille de clients, on jongle entre différents projets en même temps, etc (Voir à ce sujet notre article « Devenir développeur web: en freelance ou salarié ?« ). En ce qui me concerne, je me vois davantage comme un “prestataire”, qui travaille a temps plein pour une entreprise, sans en être salarié.

 

Cette précision est très importante. Mais, en réalité, aujourd’hui, la très grande majorité des développeurs freelance est dans le même cas de figure que toi…

Oui, car être développeur freelance au sens “originel” du terme, c’est travailler soit sur des projets de sites vitrines, soit sur des projets de sites e-commerce, soit sur des projets start-up pour des personnes qui ont peu/pas d’argent et qui proposent des parts dans le projet… Ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant, ou que ça ne peut pas être rentable, mais ça convient a moins de personnes. Pour ma part, ce qui me plaît avant tout, c’est d’élaborer des outils web. J’aime développer, prendre le temps qu’il faut pour bien faire le travail, monter en compétences…le fait de travailler à temps plein pour une entreprise sur plusieurs mois me permet donc de satisfaire ces désirs.

Pour en revenir à ta question initiale, à mon retour en France, j’ai en effet choisi de continuer en tant que développeur freelance. Ça ne m’a pas pris beaucoup de temps pour trouver un nouveau contrat. Pour information, je suis revenu vivre à Montpellier, et une ESN m’a contacté au sujet d’une entreprise niçoise qui cherchait un prestataire. C’était un contrat de 6 mois à l’origine, puis il a été renouvelé jusqu’à maintenant. Ça fait donc plus d’un an que je travaille pour eux.

 

Comment ça se passe ? Quelles sont tes conditions de travail ?

Ça se passe bien. Mes conditions sont bonnes. Au départ, on s’était mis d’accord sur le fait qu’il fallait que je me déplace dans leurs locaux deux fois par mois. Finalement, j’y suis allé 2-3 fois les premiers mois, et on s’est rendu compte que ce n’était pas réellement utile. Je suis donc à 100% en distanciel. En termes de rémunération, je suis à 400€ de TJM. J’ai des amis qui me disent que c’est peu…je pense que cela est relatif, il faut aborder la rémunération comme un critère parmi d’autres et faire une moyenne de tout ça. Pour ma part, je suis satisfait de ma situation actuelle.

 

Tu sens vraiment une différence de traitement entre toi et les développeurs qui travaillent en tant que salarié de l’entreprise en question ?

En effet, dans ce type de contrat de freelance où on travaille à temps plein pour une entreprise, on peut se poser la question de savoir si, finalement, il existe réellement une différence entre nous et les salariés, hormis sur le plan purement contractuel. Dans les faits, je vois une différence claire. En tant que freelance, nous sommes des éléments externes. Il n’y a donc pas le rapport hiérarchique qui existe lorsqu’on est salarié. Je suis plus considéré comme un “collaborateur”.

 

Si demain tu devais changer de client, tu penses que tu trouverais facilement un nouveau contrat ?

Oui, sans aucun doute. Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que je reçoive un message de recruteur me proposant une opportunité. Je pense que pour un développeur confirmé, trouver un contrat de prestataire avec une entreprise n’est pas très difficile.

En tant que freelance, nous sommes des éléments externes. Il n’y a donc pas le rapport hiérarchique qui existe lorsqu’on est salarié. Je suis plus considéré comme un “collaborateur”.

Pourtant, j’avais eu des retours ces derniers temps de la part de développeurs et de recruteurs qui me disaient que le marché devenait un peu moins facile pour les freelance, et qu’il y avait un nombre non négligeable de freelance qui décidait justement de revenir dans le salariat pour ce motif…

Ce n’est pas impossible. Je ne suis pas le mieux renseigné sur le sujet. Il est possible que le marché soit moins favorable qu’avant. Mais, de ce que j’en vois, ça me semble rester, malgré tout, un marché dynamique et sur lequel les opportunités sont nombreuses.

 

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui projette de se lancer en tant que freelance dans le développement web ou à n’importe quelle personne souhaitant devenir développeur freelance en 2024 ?

Avant toute chose, je ne conseille pas de se lancer en tant que freelance en sortie d’école. Il faut absolument prendre de l’expérience. Il faut absolument prendre de l’expérience avec une équipe de développeurs confirmés car on n’apprend vraiment pas tout avec des formations courtes. Ils vont nous donner plein de bonnes pratiques, nous montrer les failles de sécurité, les tests, le déploiement… bref, nous faire prendre conscience que notre code n’est pas terrible et nous faire monter en compétence. Ensuite, de façon plus générale, je voudrais juste dire à ceux qui se forment au métier du développement web que l’essentiel est de pratiquer. Il faut coder, encore et encore.

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