Erwan Kezzar, co-fondateur de Contournement.io : « Le no-code est un excellent moyen de démarrer sa reconversion dans le développement web »

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Nous avons déjà abordé le thème du no-code dans le cadre de notre interview avec Alexandre Talon. Cette fois-ci, c’est avec Erwan Kezzar que nous nous sommes entretenus. Dans le cadre de son parcours riche en expériences diverses, Erwan a notamment participé à la fondation de deux structures dont l’activité est en lien direct avec les sujets que nous avons l’habitude d’aborder sur ce blog. La première, Simplon.co, est une des premières écoles ayant été créées afin de proposer des formations accélérés au développement web (ayant accueilli de nombreuses personnes souhaitant effectuer une reconversion dans le développement web). La seconde, Contournement (qu’il gère à l’heure où nous parlons), est spécialisée dans la formation aux outils no-code. Il était donc évident pour nous d’aller l’interroger afin qu’il puisse nous partager sa vision, ses retours d’expérience, et les conseils qu’il est en mesure de transmettre aux lecteurs de ce blog.

 

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Qu’est ce qui t’a donné envie de développer un business dans le domaine du no-code ? En quelle année t’est venue l’idée ? 

Cela fait longtemps que je m’intéresse à l’univers du no-code.

J’avais 23-24 ans lorsque j’ai monté ma première boite. On proposait de la prestation web (création de sites, gestion de projets, etc). Cependant, personnellement, je n’étais pas un informaticien avec des compétences techniques avancées. J’ai donc cherché les moyens les plus simples pour faire ce qu’un développeur web doit faire. J’ai commencé à me pencher sur WordPress, qui est, d’une certaine manière, un outil no-code. Mais c’était encore un peu trop technique… WordPress facilite beaucoup de choses, mais en réalité, pour être vraiment à l’aise sur l’environnement WordPress, gérer soi même ensuite la mise en prod du site, etc…Cela demande des compétences techniques.

J’ai ensuite découvert Squarespace. C’était, cette fois-ci, quelque chose qui correspondait totalement à ce que je cherchais. Tout était auto-hébergé, la prise en main était simple…

Voila en gros mon premier contact avec le no-code.

Quelques années après, j’ai eu l’idée de lancer une école proposant des formations accélérées au développement web. C’est ainsi que l’on a créé, en 2013, l’école Simplon. Dans le cadre des formations que l’on proposait, on essayait, là aussi, d’avoir une approche “pragmatique”. On mettait en avant le langage Ruby, associé à son framework Ruby-on-Rails, car il avait la réputation de faciliter la création rapide de projets web sur lesquels pouvaient travailler les développeurs. On avait pensé à former les élèves sur des outils no-code, tel que Bubble, on a même un peu testé mais à cette époque, ce genre d’outils n’était pas encore tout à fait au point. Ils ont beaucoup évolué depuis.

Vers 2017-2018, je suis parti de Simplon, et c’est là j’ai constaté que l’univers no-code commençait à atteindre une phase de maturité. Il y avait de plus en plus d’outils, certains commençaient à devenir vraiment solides et pouvaient donc être utilisés dans le domaine professionnel, sur de vrais projets… Je me suis donc dit que c’était le moment de lancer une structure proposant des formations au no-code. C’est ainsi qu’est né Contournement.

 

Quels sont les profils que vous avez majoritairement en tant que clients chez Contournement ? Pour quelle utilité ?

De façon générale, le no-code est aujourd’hui utilisé pour répondre à 3 types de besoin : 

  • Automatiser des tâches que vous devez faire à la main dans le cadre de votre organisation interne, et plus globalement, se créer des petits outils (ou des gros) personnalisés pour gagner en efficacité au quotidien (ex: administration de votre outil RH, de votre CRM, de votre agenda, interconnexion d’outils dispersés, etc…via des outils tels que: Zapier, Airtable, Notion, Softr)
  • Automatiser et perfectionner sa prospection commerciale et sa stratégie marketing (via des outils tels que: Zapier, Walaaxy, Captain Data, Hunter.io, Lemlist, Lusha, Kaspr…)
  • Pouvoir créer soi même un site web ou une appli mobile, sans avoir le savoir-faire d’un développeur (via des outils tels que: Bubble, Webflow, Adalo, Dorik…)

Chez Contournement, nous nous concentrons sur le premier de ces trois axes.

 

A l’heure actuelle, sur les sites d’emploi, on trouve très peu d’annonces pour les développeurs/spécialistes no-code. Penses-tu que cela va croître ? 

J’invite ceux qui cherchent un emploi dans le no-code à aller sur la plateforme https://www.nocodejobs.fr/. C’est récent, et ça permet de voir qu’il y a d’ores et déjà de la demande sur certaines compétences en no-code. Selon moi, quelqu’un qui, à l’heure actuelle, dispose de compétences solides sur un ou plusieurs outils no-code, peut trouver facilement un emploi. Je pense que de manière globale, ce secteur va connaître une croissance au fil du temps, mais je n’ai pas de certitudes claires sur l’avenir du no-code…le temps nous en dira plus.

 

Conseillerais-tu à une personne souhaitant se reconvertir dans le développement web de se former dès aujourd’hui sur du no-code ?

A mes yeux, le no-code me semble un excellent moyen de mettre un premier pied dans le monde du web. Beaucoup de personnes se lancent aujourd’hui dans une formation accélérée en développement web, pour se rendre compte en cours de route que ça ne leur plait pas. Le no-code permet d’avoir une première approche de ce que c’est que de concevoir / travailler sur un projet web. Donc, voici la première utilité que j’y vois.

Ensuite, une personne peut également se former au no-code, y prendre goût, développer des compétences solides, et ensuite trouver un emploi dans ce secteur. Comme je l’ai dit, ce sont des compétences qui sont déjà valorisables et recherchées.

 

Quel regard portes-tu sur le low-code ? Penses-tu que cela va suivre la même courbe de progression que le no-code ? Quel public ?

Je distingue 2 formes de low-code: 

  • le low-code d’entreprise, qui désigne généralement des solutions proposées par des éditeurs et parfois des prestataires de service aux entreprises, qui nécessitent tout de même d’avoir des compétences d’ingénieur, même si elles ont la promesse de faciliter l’automatisation et la mise en place de certains process…ce low-code concerne surtout les grosses entreprises, et a, à mes yeux, une visée avant tout “bizness”, qui ne donne pas vraiment plus de pouvoir à l’utilisateur.
  • le low-code que l’on voit émergé via des outils comme N8N ou Integromat, qui est, selon moi, une forme de no-code plus technique, et qui, comme le no-code, a pour but de donner plus de pouvoir à l’utilisateur. Pour manipuler ces outils, pas besoin d’être un ingénieur, mais ça demande tout de même plus de compétences que pour le no-code.

Est ce que le low-code va suivre la même trajectoire que le no-code ? Je n’en sais rien. Je pense que les outils low-code actuels ne s’adressent pas à un public large. Ce n’est pas leur but. Ils s’adressent aux personnes qui ont des compétences solides sur le no-code, et qui souhaitent désormais passer à l’étape supérieure.

 

En tant que personne ayant créé un des premiers cursus de formation accélérée au développement web, quel regard portes-tu aujourd’hui sur la reconversion vers le métier de développeur web ?

A l’époque de Simplon, je m’efforçais d’être clair avec nos élèves : nous proposons des formations accélérées, mais n’allez pas croire que le métier de développeur peut s’apprendre en quelques mois. Ce que l’on proposait, c’était un cursus permettant d’acquérir de bonnes bases. Aujourd’hui, le nombre de formations accélérées a explosé. Une personne qui souhaite effectuer une reconversion vers le métier de développeur web doit être vigilante. Il faut choisir un cursus qui propose un contenu et une équipe pédagogique solides. De préférence, il vaut mieux choisir une formation qui propose de l’alternance. Cela permet d’avoir directement une première expérience professionnelle. Et enfin, j’insiste là-dessus, mais c’est important: avant de vous lancer dans une formation, essayez d’avoir un premier aperçu du métier de développeur afin de savoir si cela vous plait réellement. La pratique du no-code est, dans cette optique, l’un des meilleurs moyens de démarrer sa reconversion dans le développement web.

 

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